Aujourd’hui, InfiMatch a animé avec Antoine, coach spécialisé pour les IDEL, un webinaire consacré à un sujet aussi sensible que central dans la vie professionnelle des infirmiers libéraux : savoir dire NON à ses patients. Un thème qui touche à la fois à l’organisation, à la charge mentale, à la relation soignant–soigné et à la qualité de vie.
Pourquoi est-il si difficile de dire NON ?
Chez les infirmiers libéraux, le refus est souvent associé à :
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La peur de décevoir ou d’abandonner un patient
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Le sentiment d’être indispensable
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La crainte d’être jugé comme “pas assez humain”
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La pression économique ou la peur de perdre un patient
Pourtant, dire oui à tout mène à un cercle vicieux : surcharge, épuisement, perte de sens, erreurs potentielles. Le oui permanent a un prix, et c’est souvent le soignant qui le paie.
Le prix du OUI permanent
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Fatigue chronique : journées rallongées, pauses inexistantes
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Désorganisation : tournées ingérables, retards, stress
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Frustration : sentiment de ne plus maîtriser son planning
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Impact sur la qualité des soins : moins de disponibilité mentale et émotionnelle
Dire NON, ce n’est pas refuser d’aider. C’est protéger sa capacité à bien soigner.
Comment dire NON concrètement ?
Antoine a présenté trois techniques simples et puissantes, adaptées au quotidien des IDEL.
1. Le NON assertif
Clair, direct, sans justification excessive. Exemple : « Je comprends votre demande, mais je ne peux pas ajouter de passage supplémentaire aujourd’hui. »
2. Le NON avec alternative
On refuse, mais on propose une solution réaliste. Exemple : « Je ne peux pas passer à 6h, mais je peux vous proposer un créneau entre 7h et 7h30. »
3. Le NON empathique
On reconnaît l’émotion du patient avant d’exprimer son refus. Exemple : « Je vois que c’est important pour vous. Malheureusement, je ne peux pas intervenir ce soir, mais je peux vous orienter vers la maison médicale. »
Ces techniques permettent de poser un cadre tout en maintenant une relation de confiance.
Gérer la réaction du patient
Les infirmiers libéraux sont également des chefs d’entreprise. Pourtant, certains infirmiers libéraux tardent à suivre précisément leurs charges et leurs revenus.
Un IDEL doit prendre en compte les cotisations, les frais de véhicule, les assurances et les investissements matériels. Sans une bonne gestion, les infirmiers libéraux peuvent avoir une vision incomplète de la rentabilité de leur activité.
Gérer la réaction du patient
Dire NON peut provoquer :
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Déception
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Incompréhension
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Parfois colère
La clé est de rester calme, constant et professionnel. Quelques repères utiles :
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Ne pas se justifier excessivement
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Rappeler le cadre : organisation, sécurité, continuité des soins
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Garder une posture bienveillante mais ferme
Exemple : « Je comprends que cela vous contrarie, mais je dois organiser ma tournée pour garantir des soins de qualité à tous mes patients. »
Dire NON, c’est dire OUI à sa santé professionnelle
Le refus n’est pas un manque d’humanité. C’est un acte de responsabilité. Un IDEL qui sait poser des limites :
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préserve sa santé,
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protège sa tournée,
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améliore sa relation patient,
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et renforce la qualité de ses soins.
Ce webinaire InfiMatch x Antoine rappelle une vérité essentielle : le NON fait partie intégrante du métier. Et bien utilisé, il devient un outil puissant pour exercer sereinement et durablement.

